ناصر حاكمــــــي
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LE DJEBEL AMOUR - 01

Relief, Géologie et hydrogéologie

 

Le Djebel se définit par ses montagnes de 1.400 à plus de 1.700 mètres, ses roches gréseuses, son climat froid en hiver, ses sources, et ses forêts. Les directions du relief, comme celles de la structure, sont orientées de Sud-Ouest au Nord-Est alors que les principaux cours d'eau coulent transversalement ou obliquement. Les couches presque toutes de grès, sont modérément plissées, et c'est l'aspect de plateau qui l'emporte, sauf sur les bordures Nord et Sud. Cet aspect de plateau résulte soit de la subhorisontalité fréquente des couches dans des très larges synclinaux parfois mis en saillie, soit du nivellement des strates notamment sur l'emplacement des anticlinaux. Ce nivellement a eu cours de la longue période d'érosion que ces montagnes ont subie entre leur plissement et leur émersion au début du Tertiaire ou à la fin du Crétacé, et leur soulèvement récent au-dessus du Sahara. Les produits de cette démolition, le Tertiaire continental des géologues, n'ont été que partiellement évacués au Nord et au Sud et se sont accumulés dans certaines dépressions. Les cours d'eau responsables de cette évolution du relief, au cours de phases climatiques  divers mais généralement chaudes, et organisés, en un réseau divergent paraissent s'être ensuite enfoncés sur place; ils seraient donc antécédents au mouvement de surrection récent de la chaîne  méridionale de l'Atlas au-dessus du Sahara. Mais la reprise d'érosion qui en est résultée surtout au Sud a été freinée par les phases sèches du Quaternaire et de l'époque actuelle.

 

Les formes du relief et surtout les conditions climato-botaniques qui nous intéressent particulièrement ici nous permettent diviser la montagne en deux grands ensembles.

 

Le premier, qui couvre les deux tiers Nord-Ouest, est les plus élevé et le plus varié. Lorsque vient du Tell par la route Nationale N° 23 qui de Tiaret à Aflou, on voit le relief s'élever assez rapidement au-dessus de la steppe en un glacis de pente assez forte et parfois raviné; c'est le Djellal la " couverture " du Djebel; en distingue le " Djellal El Chergui " à l'Est de la route Nationale N° 23 et le " Djellal El Gharbi " à l'Ouest de la RN 23.. Les montagnes qui le dominent s'élèvent avec assez de vigueur, du moins au Sud-Ouest : les synclinaux perchés de grès cénomanien du Guern Arif (1.721 m), du Oum El Guedour et du Djebel Sidi Okba (1.707 m). Faillés au Sud, dresse vers le Nord leur pente la plus forte, souvent coiffée d'une corniche. Au Nord-Est de la route d'Aflou, les ondulations boisées (Canton de Koub) se relayent, plus modeste jusqu'à l'anticlinal du Djebel Djaiffa, défoncé par Oued Melha (Oued séparatif entre les deux Cantons, Koub et Sidi Bouzid)   , et jusqu'à Kef Sidi Bouzid (1.503m) (Canton de Sidi Bouzid) où même le calcaire jurassique perce les grès à la faveur de deux failles. Ce chapelet de montagne fortement démantelées offre néanmoins, face à la steppe, un front presque continu ; franchi en cluses par quelques rivières il présente d'autant moins de voies de pénétration aisées que les boisement sont presque ininterrompus.

 

 

Une fois passé cet obstacle somme tout assez modeste on arrive au cœur du Djebel Amour, dans une large zone déprimée, dans l'ensemble synclinale, où les couches de grès, souvent subhorizontales, donnent de mornes surfaces structurales, tandis qu'ailleurs,  plus inclinées elles sont nivelées ou disparaissent sous un mince manteau d'alluvions récent. C'est là que se place assez indécise, la ligne de partage des eaux entre les oueds qui vont se perdre, dans la steppe et ceux qui descendent vers le Sahara. Se succèdent du Sud-ouest au Nord-Est les collines et petites dépressions des O. Sidi Hamza, la conque ou forme le Oued Sebgag, la plaine d'El Haoudh, de part et d'autre d'Aflou; celle-ci se prolonge par une grande gouttière d'érosion creusée sur les flancs du synclinal perché du Djebel Gourou (1.706 m); elle ne communique pas avec le bassin remblaiement tertiaire situé au Sud de Sidi Bouzid.

 

Le Djebel Zlag (1.593 m) , qui barre l'horizon d'Aflou, est partie restée en relief d'un long anticlinal partiellement évidé au Sud-Ouest, dans la région d'El Mzara (Bled Cheffar) , et qui s'aplatit en plateau jusqu'à la corniche en croissant qui dominent à Taouiala. A l'Est les couches redressées ont été nivelées, puis dégagées en un relief de type appalachien par l'érosion ancienne des affluents supérieur de l'Oued Mzi. Les sillons longitudinaux qui séparent les crêtes sont bourrés de ces dépôts argilo-sableux rouges, avec bancs de cailloutis, du Tertiaire continental, qu'on rencontre dans les principales dépressions; ils sont en parti encroûtés en surface, mais ils offrent une faible résistance au ravinement actuel : d'où le nom de Chebka (filet) qui donné à une partie de la région. Au-delà de l'Oued Morra les roches s'enfouissent sous le remblaiement tertiaire du Bled El Mahdi.

 

La partie élevée du Djebel se termine au Sud-Est par le vaste plateau de grès ceinturé de falaises difficilement accessibles qu'on appelle la Gada (plateau). C'est un magnifique exemple de synclinal à fond plat dont les couches se relèvent sur les bords, principalement au Nord, et qui est mis en relief sur sa face méridionale. Il es creusé d'étroite vallées, vrais canons parfois, dont les versants couronnés de corniches escarpées se couvrent de blocs détachés et d'éboulés de tout calibre. Les plus profonds sont ceux des branches supérieures de l'Oud Mzi, les oueds Morra et Ouaren, qui nés plus au Nord traversent la Gada dans toute sont épaisseur. On distingue par fois la Gada d'Enfous au Sud-Ouest, qui est creusée par les branches supérieures et les affluents de l'oued El Ghicha-Fareg, la Gada centrale ou d'El Groun que rayent les vallons affluents de l'Oued Ouaren, et la Gada de Madna au-delà des gorges transversales de l'Oued Ouaren. Mais il s'agit d'une même unité structurale et morphologique.

 

Climat

 

Ces diverses régions, assez variées par leur relief, présentent des caractères climato-botaniques communs. Situées à peu près partout au-dessus de 1.300 m et souvent de 1.400 m, elles ont des étés tempérés qui paraissent délicieux à qui monte du Sahara et même à qui vient de la steppe. Mais les hivers sont longs et froids comme le montrent les chiffres des températures d'Aflou, seule station située à 1.400 mètre, où l'on ait fait des observations. On remarquera que les minima ont lieu en février et les maxima en juillet et août, preuve d'une influence maritime qui ne disparaît complètement qu'au Sahara. Les hivers sont parfois rigoureux en à registré (-10 °C) lors d'une tempête de neige à la fin de décembre 1891(Arch. gouvernement Générale, Alger.7.j.9; rapport janvier 1892),  (- 8 °C) en janvier 1938 et (- 6 °C) et (- 4 °C) en mars et avril de la même année. Il peut geler dès octobre, notamment après le 15, et jusqu'à la mi-avril, soit durant six mois. La neige n'est pas rare de décembre à mars et elle reste souvent plusieurs jours sur le sol, même en dehors des îlots montagneux. Elle est quelques fois singulièrement précoce; il a neigé si fortement le 13 octobre 1885 que le lendemain on mesurait une couche épaisse de 40 centimètres près d'Aflou.

Les vents, vents froids d'Ouest à Nord, sont souvent redoutables  pour les troupeaux sont abris. Par contre on peut avoir vent certainement plus de 400 mm d'eau et peut-être localement un peu plus de 500 mm. La répartition moyenne entre les mois parait assez régulière, avec un minima d'été. En fait la pluviosité est très changeante selon les années. La sécheresse de l'été méditerranéen est ici atténuée par des orages qui peuvent être très pluvieux : tel ceux qui ont éclaté les 27 et 28 juin 1877, et qui ont provoqué des inondations et noyé de nombreux animaux. Ils s'accompagnent souvent de grêle qui détruit localement les récoltes de céréales si la moisson n'est pas achevée ou les jardins.

 

L'été 1887 avait longtemps laissé un souvenir avec ses 55 mm. 6 mm enregistré entre le 15 juin et le 15 juillet, sous forme d'orage presque journalier par fois accompagnent de grêle , et les 60 mm, 7 tombés entre le 15 août et le 15 septembre.

 

En dehors de l'été chaque saison, chaque mois est tour à tour sec ou fortement arrosé, si bien que les moyennes perdent leur sens. Du 15 février au 15 mars 1884 Aflou a reçu 367 mm d'eau sous forme de pluie et neige; des maisons se sont écroulées, des murs de jardins sont tombés. 367 mm : c'est plus que la moyenne annuelle pour un mois qui une autre année, peut-être imperturbablement beau et sec.

 

Végétation

 

Relativement pluvieuse, la région haute du Djebel Amour est pratiquement la seul boisée. Elle présente encore des aspects méditerranéens dans les montagnes septentrionales avec ses Chêne vert plus nombreux que ses Genévriers, Genévriers rouges (ou de Phénicie) essentiellement, bien qu'on y rencontre aussi quelques Genévriers Oxycèdres. Des très rares lentisques se mêlent encore à un sous-bois constitué par les plantes de la steppe au premier chef l'Alfa. Les pistachiers accrochent leurs racines aux rochers. Dans la Gada les Chênes verts ne sont plus prédominants, Les Pins d'Alep ne croissent que dans le centre, les Pistachiers rencontrent ça et là; l'arbre type, presque exclusif souvent, est le genévrier rouge qui forme les boisements très claires, d'un densité généralement (inférieur) à 100 arbre à l'hectare. Cependant il est  possible de rencontrer quelques caroubiers et même quelques exemplaires de   lentisques et d'oliviers sauvages, espèces typiquement méditerranéennes. Sauf le longs des oueds ou crossent des lauriers roses et tamaris, les autres plantes appartiennent à la petite végétation herbacée ou buissonnante de la steppe : l'Alfa surtout, les deux armoises, le sparte et Bupleurum spinosum; le rtem et le drinn enfoncent leurs racines dans les sables qu'accumulent les vents et les torrents.

 

 Sol

 

Les sols forestiers sont un peu humifères: les uns sont riches en calcaires, mais la plupart en sont dépourvus et donnent des sols " en équilibre" ou des sols  "insaturés" en fait des terres sablonneuses, légères et pauvres non seulement en calcaire mais aussi en acide phosphorique. Après déboisement les cultures annuelles ont vite fait d'éliminer l'humus. Bien plus qu'aux céréales ces terrains seraient favorables aux cultures arbustives si l'altitude, les vents et le froid, sans compter la sécheresse, n'y mettaient bien souvent obstacle. Trop de surfaces défrichées montrent des sols sans consistance que signalent les inutiles armoise champêtres, plantes délaissées par tous les animaux. sols fragiles aussi, vite ruinés par les labours répétés, il y a quelques années, les plantes de la steppe; auparavant quelques arbres y croissaient qui ont été supprimés, Il a été labouré plusieurs fois, non pas avec l'araire de bois encore en usage un peu partout dans le Tell, qui gratte la terre entre les buissons, mais avec une petites charrue métallique de type "vigneronne" qui creuse plus profond et qui coupe et retourne les plantes : " progrès " singulièrement dangereux dans ces régions de sols légers ! Le champ est propre mais rien ne le protège plus avant la levée des orges contre le vent ni contre le ruissellement. Déjà sur l'emplacement d'un ancien champ voisin la roche est à nu, et là-bas le sable s'accumule sur la piste et gêne les déplacements. La roche à nu, le sable mobile et le drinn qui y plante ses racines : c'est un disert en miniature à coté d'un disert en formation sur l'emplacement d'un ancien fragment de forêt-steppe. Voilà près de 40 ans que le danger avait été signalé par le Capitaine CONTENCEAU dans deux lettres (20 août 1918 et 15 mars 1919) au Général Commandant de la division d'Oran (Arch.C.M.Aflou).

 

 

(1) تعليقات


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اضيف في 12 ابريل, 2008 07:36 م , من قبل AMI
من فرنسا

Toutes mes felicitations, pour une fois je me retrouve devant un intelectuel de la ville d'Aflou, j'etais trés heureux de lire cet article, tellement ma soif,j'ai reli cet article +ieurs fois, je vous dit cher Naceur, permetter moi de vous appeler comme ca, bonne continuation, et bon courage, et donnz nous plus d'info sur ce patelin qu'on a pas pu l'oublier.
Bon courage Naceur




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